Exclusion des personnes homosexuelles ou bisexuelles masculines du don du sang

Les membres du CET ont rencontré le Comité de surveillance du SIDA pour un échange de vues sur l’exclusion des personnes homosexuelles ou bisexuelles
masculines du don de sang auprès de la Croix-Rouge luxembourgeoise, qui a d’ailleurs le monopole en la matière.

Voici de ce que le CET a pu prendre connaissance:

Il ressort que pour des impératifs de sécurité, il arrive que des populations entières de donneurs soient exclues temporairement ou définitivement et qu’il est
impossible de traiter tous les donneurs au cas par cas.

Afin de garantir au receveur du sang de qualité, le Centre de transfusion sanguine écarte, par exemple, d’office tous les gens qui ont voyagé dans des
pays endémiques pour le paludisme.

Ainsi, les personnes homosexuelles ou bisexuelles masculines sont-elles aussi jugées appartenir à une population estimée à risque et pour cette raison, elles
sont systématiquement exclues à l’issue de l’entretien médical préalable.

En effet, les personnes homosexuelles ou bisexuelles masculines sont catégorisées comme « sujets dont le comportement sexuel les expose au
risque de contracter des maladies infectieuses graves transmissibles par le sang », tel que le prévoit la directive européenne 2004/33/CE concernant
certaines exigences techniques relatives au sang et aux composants sanguins. Néanmoins, malgré ces refus temporaires ou définitifs, le Grand-Duché de
Luxembourg garde une autosuffisance en matière de transfusion sanguine.

Les statistiques des rapports annuels précédents de la Croix-Rouge luxembourgeoise montrent qu’en nombres absolus, les nouvelles infections
parmi les personnes hétérosexuelles augmentent. Pourtant, ce chiffre exprimé en pourcentage de la population en question est très
largement inférieur au pourcentage de la population homosexuelle ou bisexuelle masculine.

Voilà pourquoi tout organe de transfusion sanguine européen ou international maintient sa position actuelle qui prévient davantage une éventuelle infection
transmissible, garantissant ainsi la santé publique.

De plus, le don du sang n’est pas considéré comme un droit fondamental, mais constitue bel et bien un acte de générosité bénévole et non rémunéré.

Pour toutes ces raisons, le collège du CET estime qu’il n’y a pas de refus d’accès à un bien ou un service, même si la pratique actuelle est vécue comme
discriminatoire par les candidats au don du sang.

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